Jean Luc Chimier juin 18, 2026 Aucun commentaire

L’été rebat les cartes pour les entreprises. Entre la fermeture annuelle, les fortes chaleurs, l’embauche de saisonniers et les orages violents, la période estivale concentre des risques bien spécifiques — que l’on a souvent tendance à oublier au moment de boucler ses valises. Pourtant, quelques vérifications avant les congés suffisent à éviter de mauvaises surprises à la rentrée. Tour d’horizon des points à passer en revue.

 Locaux fermés : gare aux clauses d’inoccupation

 

De nombreuses TPE, commerces et artisans baissent le rideau plusieurs semaines en juillet ou en août. Or des locaux vides constituent une cible : cambriolage, vandalisme, mais aussi dégât des eaux ou départ de feu qui passent inaperçus faute de présence.

 

Premier réflexe : relire son contrat multirisque professionnelle. Beaucoup prévoient une **clause d’inoccupation**. Au-delà d’une certaine durée d’inactivité — souvent 30, 45 ou 60 jours selon les contrats — les garanties peuvent être réduites, voire suspendues. Mieux vaut le savoir avant de partir.

 

Avant la fermeture, pensez à respecter les mesures de prévention imposées par l’assureur (alarme, volets, serrures de sécurité), à informer votre compagnie en cas d’absence prolongée, à vider la caisse et à mettre les biens de valeur en sécurité. Confier à un proche ou à un salarié le soin de passer régulièrement vérifier les lieux reste la solution la plus simple pour détecter une fuite ou une intrusion à temps.

 

Fortes chaleurs : protéger les biens… et les personnes

 

La canicule pose une double question. Côté humain d’abord : l’employeur reste tenu d’une obligation de sécurité envers ses salariés. Pour les métiers exposés — BTP, manutention, travail en extérieur — cela implique d’adapter les horaires, d’aménager des temps de pause et de garantir l’accès à l’eau. Un accident lié à la chaleur peut engager la responsabilité de l’entreprise.

 

Côté matériel ensuite : la chaleur, souvent couplée à des coupures de courant, met à rude épreuve les stocks sensibles. Restauration, métiers de bouche, pharmacie… La perte de marchandises peut être lourde. Vérifiez que votre contrat comporte bien une garantie « pertes de marchandises en chambre froide » ou « bris de machine frigorifique », et n’oubliez pas que les équipements eux-mêmes peuvent souffrir de la surchauffe.

 

Orages et grêle : la face violente de l’été

 

L’été, ce n’est pas que le soleil. Les orages estivaux sont parfois d’une rare violence : grêle, inondations soudaines, foudre. La garantie « tempête, grêle, neige » incluse dans la plupart des multirisques couvre les dommages causés par le vent et la grêle aux bâtiments et à leur contenu.

 

En cas d’inondation, l’indemnisation peut relever de la garantie catastrophes naturelles — qui nécessite la publication d’un arrêté interministériel — ou du dégât des eaux, selon l’origine du sinistre. Dans tous les cas, conservez des preuves : photos, factures, témoignages. Pensez aussi à votre flotte automobile, particulièrement exposée à la grêle.

 

Saisonniers : ne pas oublier de les déclarer

 

Tourisme, événementiel, agriculture, restauration : l’été rime souvent avec renfort de personnel. Chaque saisonnier doit faire l’objet d’une déclaration préalable à l’embauche (DPAE) et être couvert au titre des accidents du travail.

 

Attention également au périmètre de votre responsabilité civile professionnelle : les missions confiées doivent entrer dans le cadre de l’activité déclarée à l’assureur. Si l’été s’accompagne d’une nouvelle activité — ouverture d’une terrasse, organisation d’un événement, vente ambulante — une extension de contrat est parfois nécessaire.

 

Activité réduite, vigilance réduite : le risque cyber

 

C’est un paradoxe que connaissent bien les fraudeurs : la période estivale, avec des décideurs absents et des équipes en effectif réduit, est l’un de leurs moments favoris. Fraude au président, faux ordres de virement, hameçonnage… les tentatives se multiplient quand la vigilance baisse.

 

Au-delà d’une garantie cyber-risque, quelques règles simples limitent l’exposition : procédures de validation des paiements, double contrôle des demandes inhabituelles, sensibilisation des collaborateurs qui assurent la permanence.

En résumé : la checklist avant les congés

 

– Relire les clauses d’inoccupation de la multirisque professionnelle

– Respecter les mesures de prévention (alarme, fermetures) et prévenir l’assureur en cas d’absence longue

– Vérifier les garanties liées aux marchandises sensibles et au matériel

– Contrôler la couverture tempête/grêle et l’assurance de la flotte

– Déclarer les saisonniers et vérifier le périmètre de la RC pro

– Renforcer la vigilance face au risque de fraude

 

Quelques minutes suffisent pour passer ces points en revue. En cas de doute, un échange avec votre conseiller ou votre courtier permet d’ajuster vos garanties avant la trêve estivale — et de partir l’esprit tranquille.

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