Jean Luc Chimier février 1, 2020 Pas de commentaire

L’importance du compartimentage
Lors d’un incendie, la propagation des fumées toxiques et gaz chauds, provoque des dégâts matériels importants, liés au caractère corrosif et toxique des fumées. Cette propagation est également source de phénomènes d’intoxication pour les personnes (voire
même de décès). Enfin, elle favorise l’extension rapide du feu à l’ensemble d’un bâtiment.
Seul un compartimentage efficace permet de se prémunir contre cette propagation dangereuse : c’est la fonction de la protection passive du bâtiment contre l’incendie.

Un départ de feu peut ainsi, faute de calfeutrement coupe‑feu des passages de câbles et canalisations, provoquer un sinistre majeur, et causer un arrêt durable de l’activité.

La règlementation en matière de calfeurement coupe-feu
Le mode d’action du compartimentage
Pour jouer son rôle, le compartimentage doit assurer une étanchéité aux fumées et gaz chauds, empêcher le transfert thermique rapide d’une pièce à une autre, et assurer une stabilité mécanique du bâtiment. C’est le rôle des systèmes coupe‑feu :
murs, portes, clapets coupe‑feu… et des calfeutrements de pénétrations.
Selon la destination de l’ouvrage, la réglementation prévoit
des calfeutrements coupe‑feu.

Les définitions pare‑flamme (PF) et coupe feu (CF) sont les mêmes dans les 4 types d’établissements et correspondent respectivement aux classifications européennes E (pare‑flamme) et EI (coupe‑feu).
Exemple : EI 120 = CF 2H.
Rappel : les normes européennes en matière de classement coupe‑feu des matériaux
L’arrêté du 22 mars 2004, relatif à la résistance au feu des produits, éléments de construction et ouvrages, adopte les normes européennes d’essai et de classification des matériaux, concernant la
capacité portante (R), l’étanchéité au feu (E) et l’isolation thermique (I).
Les essais de résistance au feu d’un matériau de calfeutrement font l’objet d’un procès‑verbal de classement, qui sera exprimé en minutes (exemple : EI 120) ou en heures (exemple : CF 2H).
S’agissant de ces matériaux de calfeutrement, c’est le Procès‑Verbal de classement, attaché à chaque matériau, délivré par les laboratoires d’essais agréés (CSTB, CTICM, GERBAM), qui atteste des caractéristiques du matériau, en matière de résistance au feu.
Les laboratoires évaluent la résistance au feu du produit : stabilité mécanique, étanchéité aux flammes et gaz chauds, isolation thermique, pour définir son degré coupe‑feu.
Donc avant toute mise en oeuvre d’un matériau, il convient donc de réclamer la copie du PV de classement de résistance au feu du matériau, délivré par un laboratoire agréé.

Le choix de la technique de calfeutrement
Ce choix sera orienté en fonction de plusieurs caractéristiques, liées
au type de bâtiment et de traversée à calfeutrer, et notamment :
• nature du matériau de support : béton, bardage, maçonnerie…
Le matériau retenu devra avoir été testé pour le type de support
concerné,
• dimension de l’ouverture à calfeutrer,
• type de matériels traversants (tuyaux PVC, tuyau métallique, câbles…) :
il faudra pour un tuyau PVC, que le matériau retenu prenne la place
du tuyau plastique fondu afin de fermer l’ouverture libre ; pour un
tuyau métallique, le problème est de limiter la transmission de chaleur par le tube,
• calfeutrement provisoire ou définitif : pour les cas où il est prévu de réintervenir, l’utilisation de dispositifs tels que les sacs, briques ou bouchons coupe‑feu est préférable…

Les règles à respecter
• La configuration testée devra correspondre à la configuration
d’utilisation du matériau de calfeutrement telle que prévue dans le PV de classement :
dimensions de l’ouverture à protéger, nature des éléments traversants, support traversé…,
• les matériaux utilisés doivent présenter une résistance au feu
au moins égale à celle du mur traversé (voir le procès‑verbal de
résistance au feu du matériau),
• la pose du produit devra être réalisée conformément aux fiches
techniques produits rédigées par le fabricant, et selon le « Guide
Professionnel de mise en oeuvre des systèmes de calfeutrement
de pénétration » approuvé par le GTFI (Groupement Technique
Français contre l’incendie),
• la trémie calfeutrée doit être marquée à l’aide d’une étiquette
mentionnant la qualité coupe‑feu, et les coordonnées de l’entreprise ayant réalisé l’obturation.

Les produits de calfeutrement
Il existe 5 principaux produits de calfeutrement coupe‑feu :
• les mortiers coupe‑feu,
• les panneaux de laine de roche enduits d’un revêtement intumescent,
• les sacs contenant un isolant thermique,
• les blocs souples en matériaux thermiquement isolants,
• les manchons ou colliers coupe‑feu, pour les tuyaux : les colliers
coupe‑feu placés autour des tuyaux plastiques sont constitués
d’une enveloppe métallique incluant une pâte intumescente
coupe‑feu, qui va s’expanser et obturer le‑passage en cas d’incendie.
Les manchons pré‑encastrés coupe‑feu sont constitués d’une enveloppe plastique incluant une pâte intumescente coupe‑feu ; ils sont placés autour des tuyaux,
• les mastics, pâtes malléables et enduits : ils sont le plus souvent
associés aux précédents produits.

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